Princesse médiatrice, vers 1836-1919
Guimbi Ouattara

Photo : EKokou · CC BY-SA 4.0
Veuve devenue hôtesse, marchande et médiatrice, elle reçoit Binger en 1888 et contribue en 1897 à détourner Samory Touré de Sya.
Guimbi Ouattara naît vers 1836 à Sya (Bobo-Dioulasso), fille aînée de Diori Ouattara, souverain du Gwiriko, et de Makogo Ouattara. Son père meurt quand elle a trois ans et un frère cadet lui succède. Mariée très jeune, elle est veuve à plusieurs reprises avant sa vingtième année et choisit ensuite de vivre de façon autonome, tenant un établissement d'hospitalité et faisant commerce de coton.12

Photo : EKokou · CC BY-SA 4.0
Le capitaine Binger, arrivé à Dioulasou le 19 avril 1888, décrit lui-même « la veuve Guimbi », soeur aînée de Karamokho-Dian, « qui jouit d'une grande considération dans la région » : c'est elle qui l'héberge et fait les démarches pour le présenter au chef des Bobo, lequel refuse de le recevoir. Elle accueille ensuite le docteur Crozat en 1890 et le commandant Monteil en 1891 ; selon l'historien Moumouni Ouattara et l'article de Wikipédia, Binger lui fit plus tard attribuer une pension viagère.321

Photo : EKokou · CC BY-SA 4.0
En 1897, après la destruction de Kong par Samory Touré en mai, l'almamy marche sur Sya dont il accuse les habitants d'avoir détourné ses chevaux. Selon Sié François d'Assise Coulibaly, qui s'appuie sur le père Hébert (1958), la ville est épargnée grâce aux démarches conjointes de l'imam Sakidi, de Guimbi Ouattara et du chef bobo Zélélou Sanou, qui envoient à Sidéradougou une délégation porteuse d'or et de chevaux. L'historien Moumouni Ouattara situe cette négociation en août 1897. Le récit d'une potion versée dans le lait de Samory, rapporté par Wikipédia, relève de la tradition orale et n'est pas documenté par les sources écrites.421

Photo : EKokou · CC BY-SA 4.0
La tradition tiéfo, recueillie par Sten Hagberg et reprise par Coulibaly, garde une mémoire plus sombre de la princesse : Amoro de Noumoudara aurait refusé de siéger à ses côtés lors d'une réunion des chefs de guerre, et les Tiéfo accusent les responsables de Sya de s'être entendus avec Samory contre eux. La même tradition rapporte que Sakidi Sanou et Guimbi entrèrent à Noumoudara après la chute de la ville pour demander la clémence de l'almamy envers les survivants.4

Photo : D’après Édouard Riou, gravure sur bois, récit de L.-G. Binger · Domaine public
Elle meurt en 1919, l'année même de la création de la colonie de Haute-Volta. Sa tombe, au quartier Kombougou (secteur 3), est devenue un mausolée doté d'un portrait peint, et une maternité ainsi qu'une école professionnelle de Bobo-Dioulasso portent son nom. Le centenaire de sa disparition a été célébré en 2019.21
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Sources
- Guimbi OuattaraWikipedia (en) Consulter
- lefaso.net, article 123084lefaso.net Consulter
- Du Niger au golfe de Guinée par le pays de Kong et le Mossi (Binger, 1892)Gallica, BnF Consulter
- Tiefo Amoro Ouattara, ce golotigui de Noumoudara à la fin du XIXe siècle (Sié François d'Assise Coulibaly, Université de Fada N'Gourma)Editions Francophones Universitaires d'Afrique · 2024-03-01 Consulter