Chef suprême des Bobo-Madarè, 1918-2014
El Hadj M'Pa Yacouba Sanou
Maçon retraité devenu à près de quatre-vingt-dix ans djamanatigui des Bobo-Madarè, ce chef musulman a présidé pendant huit ans la chefferie coutumière de Dioulassoba.
M'Pa Yacouba Sanou naît en 1918 à Dioulasso-ba, dans la lignée du fama Yoziri, fils aîné du roi Molo Sanou, fondateur au XVIIIe siècle d'un royaume bobo s'étendant de Sya à Sofara selon Sidwaya. L'année 1918 est reprise par Le Pays et, avec prudence (« serait né en 1918 »), par leFaso.net. Maçon de métier, il travaille au centre Muraz en 1946, puis aux travaux publics où il participe à la construction d'écoles dans les cercles de Bobo-Dioulasso et d'Orodara, avant de prendre sa retraite en 1970.123
Après la mort de son prédécesseur Ali Kolo Sanou le 12 mars 2005 et une crise interne à la communauté bobo dans laquelle il joue un rôle de médiateur, il est intronisé djamanatigui (chef suprême) des Bobo-Madarè à la cour royale de Dioulasso-ba par un collège de notables des villages du royaume. Sidwaya date la cérémonie du jeudi 18 janvier 2007, alors que Le Pays écrit qu'il fut « intronisé en 2006 ». Les rites se déroulent dans le secret avant la présentation du chef à la population, avec des prestations de chasseurs dozo et d'artistes des communautés de la ville.12
Il cumule la chefferie coutumière et le titre de chef de canton du cercle de Bobo-Dioulasso, deuxième personne seulement à porter les deux titres selon leFaso.net, et règne sur 67 villages (leFaso.net, 2013) ou 70 (Sidwaya, 2007). Pèlerin de La Mecque (El Hadj), il est un chef musulman à la tête d'une chefferie qui préside aussi le culte traditionnel du Dô, ce qui illustre la coexistence des cultes à Dioulassoba. Son palais est modeste (« simplement la chaise du chef, la place des conseillers et des visiteurs ») et il refuse de s'engager en politique malgré les sollicitations.314
Il meurt à Bobo-Dioulasso dans la nuit du dimanche 7 décembre 2014 selon Le Pays (« le 8 décembre, à 96 ans » selon leFaso.net) et est inhumé le jeudi 11 décembre 2014 à Dioulasso-ba, dans la cour de son père, en présence de milliers de personnes et des autorités administratives, militaires, religieuses et coutumières ; l'imam Siaka Sanou dirige la prière funéraire. Il laisse une veuve et quatorze enfants selon Le Pays, douze selon leFaso.net. leFaso.net le présente comme le fils, et Le Pays comme le petit-fils, de Sourô Sanou, éponyme du CHU de la ville.253
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- LES CHEFS TRADITIONNEL DE BOBO DIOULASSOStudio Yirikichana
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Récits liés
- Dioulassoba / Sya - le vieux quartier
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- Sourô Sanou
- Sogossira Sanon
Sources
- Chefferie coutumière de Bobo-Dioulasso : les Bobo-madarê intronisent le nouveau djamanatigui (Sidwaya, Adama Drabo)leFaso.net / Sidwaya · 2007-01-23 Consulter
- Inhumation du chef suprême des Bobo-Madaré : forte mobilisation à DioulassobaLe Pays (J. Z. Dabiré, E. Sombié) · 2014-12-12 Consulter
- Sa majesté M'Pa Yacouba Sanou : chef traditionnel apolitique, palais modesteleFaso.net (Ousséni Bancé) · 2013-05-07 Consulter
- Dioulasso baToriyaba Consulter
- Bobo : sa majesté M'Pa Yacouba Sanou a été inhumé (leFaso.net, Ousséni Bancé, archivé par la collection IWAC)leFaso.net / IWAC (ZMO) · 2014-12-12 Consulter