sya.

Imam fondateur de la Grande Mosquée, XIXe siècle

Almamy Sakidi (Sidiki) Sanou

Le Gwiriko · Lieu associé : Grande Mosquée de Dioulassoba

Grande mosquée de Dioulassoba 01, 27 novembre 2016
La Grande Mosquée de Dioulassoba photographiée le 27 novembre 2016, avant l’effondrement du minaret de 2021 : une vue de l’édifice actuel, non un document d’époque.
Photo : Lemouss · CC BY-SA 3.0

Fils d'un sculpteur bobo converti, formé à Dia, il bâtit la mosquée de Dioulassoba et, en 1897, obtient de Samory Touré que Sya soit épargnée.

Sakidi Gaoussou Sanou est, selon l'enquête de Katja Werthmann, le fils de Kiétré, sculpteur de bois bobo converti à l'islam sous l'influence d'un Saganogo nommé Seydou ; orphelin de mère, il est élevé par l'épouse de ce dernier. Il étudie à Dia, dans l'actuel Mali, auprès du savant Abubakar Karabinta, où il aurait côtoyé le futur almamy Samory Touré, ce qu'une source discute.12

Haute-Volta. Bobo-Dioulasso. La Mosquée
La Grande Mosquée de Dioulassoba en 1931, ses torons et son minaret, héliogravure de l’Agence économique de l’AOF.
Photo : Photographe non identifié, Agence économique de l’AOF, héliogravure Sadag · Domaine public

Il fait bâtir la grande mosquée de Dioulassoba, mais les dates divergent : vers 1880 selon les sources coloniales, vers 1874 à la fin de la bataille de Bama selon les anciens interrogés par lefaso.net, 1893 selon Werthmann, 1892 selon la fiche UNESCO. Le chantier aurait duré une dizaine d'années et mobilisé musulmans, chrétiens et adeptes des cultes du Dô ; le récit d'un songe fondateur relève de la tradition. Un article de presse rapporte que le chef bobo Zélélou Sanou soutint le chantier en remerciement de ses prières.213

En 1897, quand Samory, après la destruction de Kong, menace Sya, l'imam Sakidi, avec Guimbi Ouattara et Zélélou Sanou, organise la médiation : son fils Mamourou Gouana Traoré porte à Sidéradougou une lettre affirmant que Sya n'est pour rien dans le conflit avec Kong, accompagnée d'or et de chevaux. Selon la tradition rapportée par Werthmann, il rappela à Samory leurs études communes ; la tradition ajoute que l'almamy pria dans la mosquée, ce que les sources écrites ne confirment pas. Il serait ensuite entré à Noumoudara avec Guimbi pour plaider la clémence envers les survivants.412

Ses dates de naissance et de mort ne sont pas documentées ; la presse indique seulement qu'il est mort il y a plus d'un siècle. Vénéré comme un saint (waliyu), il repose dans la mosquée qu'il a bâtie, où l'on vient chercher sa bénédiction. Ses descendants ont repris l'imamat, dont El Hadj Siaka Sanou ; sa cour familiale au quartier Farakan a fait l'objet d'un litige successoral dans les années 2010, et la rue longeant la mosquée porte son nom.153

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Récits liés

Sources

  1. Transformations d'une élite musulmane en Afrique de l'Ouest : le cas des Dioula de Darsalamy (Burkina Faso) (Katja Werthmann)Cahiers d'études africaines, OpenEdition · 2012-01-01 Consulter
  2. Mosquée de Dioulassoba : un monument aux dimensions spirituelle, culturelle et touristiquelefaso.net · 2010-08-19 Consulter
  3. Mosquée de Dioulasso-bâWikipédia (fr) Consulter
  4. Tiefo Amoro Ouattara, ce golotigui de Noumoudara à la fin du XIXe siècle (Sié François d'Assise Coulibaly, Université de Fada N'Gourma)Editions Francophones Universitaires d'Afrique · 2024-03-01 Consulter
  5. Bobo : la cour de Sakidi Sanou, fondateur de la grande mosquée, divise ses héritiersActualité.bf · 2022-06-17 Consulter