Chef de canton ou tradipraticien, éponyme du CHU
Sourô Sanou

Photo : Ouest Info · CC0 1.0
L'hôpital de Bobo-Dioulasso porte son nom, mais les sources ne s'accordent pas sur qui il fut : chef de canton nommé en 1913 selon une étude universitaire, tradipraticien selon l'hôpital lui-même.
Le nom de Sourô Sanou (écrit aussi Sourou, Souro ou Sanou Souro) est aujourd'hui celui du plus grand hôpital de l'ouest du Burkina Faso. L'établissement naît comme dispensaire puis, en 1920, comme simple « ambulance militaire » sur son site actuel ; il est érigé en hôpital civil en 1955, devient hôpital national en 1981 selon le mémoire de Sanou Moumouni, et centre hospitalier universitaire le 26 mars 2003 par le décret 2003-163/PRES/PM/MS.123

Photo : Auteur inconnu · Droits réservés, citation à des fins historiques
Sur l'identité de l'homme, deux versions coexistent. Le site officiel du CHUSS, repris par Ouest Info et par Wikipédia, affirme que l'hôpital prend en 1984 le nom de Centre hospitalier national Sourô Sanou « en mémoire d'un célèbre tradipraticien », sans donner ni dates ni biographie. Le mémoire de maîtrise de géographie de Sanou Moumouni (Université de Ouagadougou, décembre 1990), rédigé avec la direction de l'hôpital, écrit au contraire que l'hôpital a reçu vers 1985 le nom de Souro Kognangami Sanou, « ancien chef de canton de Bobo-Dioulasso, célèbre par son opposition aux colonisateurs français et qui a été nommé en 1913 par le commandant Maubert », en s'appuyant sur une brochure de Sanou Sanny Mamourou, « Bobo-Dioulasso ou Sia ». Ce mémoire reproduit d'ailleurs une planche photographique intitulée « Chef Souro Kognangami Sanou », aujourd'hui extraite et conservée dans cet atlas.2341
La presse burkinabè va dans le sens de la version du chef de canton. Selon L'Express du Faso, Souro Sanou était absent de la ville à l'arrivée de l'administrateur français, revint d'un exil au Ghana trois ans plus tard, fut soumis au travail forcé comme les siens et se rebella en frappant deux surveillants, ce qui lui valut l'estime de l'administrateur et sa désignation comme chef de canton de Bobo-Dioulasso. Le chef suprême des Bobo-Madarè M'Pa Yacouba Sanou (1918-2014) est présenté par leFaso.net comme « le fils de Souro Sanou, dont le Centre hospitalier universitaire porte le nom », alors que Le Pays le dit « petit-fils » du même homme.567
Aucune des sources consultées ne donne ses dates de naissance et de mort, ni l'acte officiel (kiti ou raabo du Conseil national de la révolution) qui baptisa l'hôpital ; l'année elle-même varie entre 1984 (CHUSS, Ouest Info) et 1985 (mémoire de 1990, dont le chiffre est mal imprimé). Le lien avec Bobo-Dioulasso est en revanche solide : chef de canton du cercle de Bobo dans la version universitaire, aïeul de la chefferie de Dioulassoba dans la presse, il est dans tous les cas une figure du vieux Sya, honorée sous la Révolution par le nom de l'hôpital du centre-ville.126
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- RTB / Le Centre Hospitalier Universitaire Sourou Sanou CHUSSRTB - Radiodiffusion Télévision du Burkina
Récits liés
Sources
- L'hôpital national Sanou Souro de Bobo-Dioulasso : fonctions et impact d'une infrastructure urbaine au Burkina Faso (mémoire de maîtrise de géographie, Université de Ouagadougou, dir. M. Ouédraogo)IRD / BEEP, Sanou Moumouni · 1990-12-01 Consulter
- Présentation du CHUSSCentre hospitalier universitaire Sourô Sanou Consulter
- CHU Sanou Souro de Bobo : un hôpital âgé de plus d'un siècleOuest Info · 2022-11-23 Consulter
- Centre hospitalier universitaire Sourou SanouWikipédia (fr) Consulter
- Bobo-Dioulasso : la réconciliation du chef de canton refuséeL'Express du Faso Consulter
- Sa majesté M'Pa Yacouba Sanou : chef traditionnel apolitique, palais modesteleFaso.net (Ousséni Bancé) · 2013-05-07 Consulter
- Inhumation du chef suprême des Bobo-Madaré : forte mobilisation à DioulassobaLe Pays (J. Z. Dabiré, E. Sombié) · 2014-12-12 Consulter