sya.

Golotigui de Noumoudara, mort en 1897

Tiéfo Amoro (Amoro Ouattara)

Le Gwiriko · Lieu associé : Mausolée de Tiéfo Amoro, Noumoudara

Place Tiéfo Amoro à Bobo Dioulasso
La place Tiéfo Amoro telle qu’elle se présente aujourd’hui : ce n’est pas une image d’époque, mais le lieu qui porte depuis 1984 le nom du chef tiéfo.
Photo : KONATEYaya226 · CC BY-SA 4.0

Onzième chef de guerre de Noumoudara, vainqueur du Kénédougou à Bama en 1893, il se donne la mort en 1897 plutôt que de tomber aux mains de Samory Touré.

Amoro Ouattara, dit Tiéfo Amoro, est le onzième golotigui (chef de guerre) de Noumoudara, cité tiéfo située à environ 25 kilomètres au sud-ouest de Bobo-Dioulasso. Ni sa date de naissance ni le nom de son père ne sont connus : l'étude de Sié François d'Assise Coulibaly (2024) constate le silence de la tradition orale sur son enfance. Il succède à Kologobo et règne déjà en avril 1888 : Binger note qu'« Amory, chef des Tiéfo, résidant à Noumandakha » lui fit dire de ne pas chercher à le voir, l'un des cinq chefs qui refusèrent de le recevoir entre Kong et Dioulasou.123

Habitations et magasins de mil des Tiéfo
Habitations et greniers à mil des Tiéfo, relevés par Binger en 1888, neuf ans avant la chute de Noumoudara.
Photo : Louis-Gustave Binger (gravure sur bois d’après ses croquis) · Domaine public

Son règne est marqué par l'affrontement avec le Kénédougou. En 1892, les troupes de Tiéba Traoré ravagent la région de Toussiana puis attaquent Péni, où des enfants d'Amoro sont capturés. En janvier 1893, à Bama, une coalition réunissant Tiéba Niandané chef du Gwiriko, Zélélou Sanou chef des Bobo-Dioula, Yamourou Ouattara de Makouma et Amoro avec ses Tiéfo repousse l'armée de Sikasso ; Tiéba Traoré meurt pendant le siège, empoisonné selon la version dominante, tué par Amoro selon la tradition tiéfo. Coulibaly, suivant Hébert, fait d'Amoro le principal artisan de cette victoire.13

Logement pour deux familles tiéfo
Plan d’un logement tiéfo pour deux familles, relevé par Binger en 1888 au pays de Tiéfo Amoro.
Photo : Louis-Gustave Binger (gravure sur bois d’après ses croquis) · Domaine public

En 1897, après avoir détruit Kong, Samory Touré arrive en juillet à Sidéradougou. Sya est épargnée par négociation et l'almamy se tourne vers Noumoudara, dont Amoro refuse de se soumettre. Depuis Darsalami, Samory confie l'assaut à son fils Sarankényi Mori. Les Tiéfo, retranchés derrière des palissades de bois, tiennent huit jours selon Hébert (sept selon Wikipédia et l'Office du tourisme) ; un fils de Samory est tué au cours des combats, ce qui amène l'almamy sur place.134

La suite relève de la tradition orale, que Coulibaly rapporte au conditionnel : les chefs de Sya auraient fourni des munitions aux sofas et soudoyé une femme qui aurait mouillé la réserve de poudre. Se voyant perdu, Amoro fait creuser sa tombe dans sa maison et se donne la mort d'un coup de fusil pour ne pas être capturé, ses gardes rasant la maison sur la sépulture. Les sofas massacrent la population ; la défaite de Noumoudara est tenue pour la dernière victoire de Samory avant sa capture en 1898.13

La place de la gare de Bobo-Dioulasso porte son nom depuis le 4 août 1984, premier anniversaire de la révolution. En 2006, le ministère de la Culture a fait élever à Noumoudara un mausolée qui abrite sa tombe, une statue en métal, les noms des 52 villages du canton et des objets d'époque. La langue tiéfo est aujourd'hui en voie de disparition.143

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Récits liés

Sources

  1. Tiefo Amoro Ouattara, ce golotigui de Noumoudara à la fin du XIXe siècle (Sié François d'Assise Coulibaly, Université de Fada N'Gourma)Editions Francophones Universitaires d'Afrique · 2024-03-01 Consulter
  2. Du Niger au golfe de Guinée par le pays de Kong et le Mossi (Binger, 1892)Gallica, BnF Consulter
  3. Tiéfo AmoroWikipédia (fr) Consulter
  4. Mausolée de Tiéfo Amoro au Burkina : un site à découvrir en touriste ou en pèlerinlefaso.net · 2021-09-21 Consulter